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Les silences du commissaire Arquero

Valdez


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« Je ne cherche pas à écrire des romans engagés, j'essaie seulement de tendre des miroirs à notre époque. Je ne me sens plus un militant, car aucune solution simple ne me paraît réaliste.  »

Les silences du commissaire Arquero

Valdez travaillait depuis deux ans à ce roman. Il estimait à deux ou trois mois le temps nécessaire pour le finir. De la dernière partie, il a laissé un plan détaillé qui pourrait guider un écrivain "repreneur". Il en est question, mais rien n'est moins sûr. Cette opération "sauvetage" aurait le mérite de donner vie à une belle entreprise qui a occupé notre ami Jaky-Joachim pendant des jours et des nuits. Mais comment se mouler dans le style et le ton des 300 pages écrites avec, sans cesse, la crainte de les trahir, de le trahir.
Voici l'ouverture du livre.

Saône-et-Loire, août 1937

« Le froid de l’aube le tira d’un sommeil sans rêve. Hier soir, il s’était écroulé, sous un saule pleureur au bord de la rivière, roulé dans sa vieille couverture, une des rares choses qu’il conservait de sa mère. À un moment de la nuit, le grondement du tonnerre l’avait réveillé. Il s’était souvenu d’une phrase de son instituteur mettant en garde contre l’attraction que les arbres exercent sur la foudre. Pourtant, il n’avait pas changé de place. Les branches pendantes le dissimulaient aux regards d’éventuels poursuivants et il se foutait de vivre ou de mourir. Une cloche sonna dans le lointain, il ne parvint pas à décompter l’heure.  Il se redressa, en frissonnant, écarta les feuilles du saule et constata que les prés étaient couverts de rosée. Il avait envie d’une soupe épaisse, bouillante et si possible avec un morceau de lard. Il ricana « et pourquoi pas avec un blanc de poulet ». Tout près de lui, une génisse broutait ; ce bruit familier lui fit monter les larmes aux yeux. Il était en fuite et ne savait pas où aller.
« Les Boches en Bochie » voilà ce qu’on lui rabâchait tous les jours à la ferme et au village. Il songea à sa joie naïve quand il avait quitté l’orphelinat de Strasbourg. Le pasteur Mugler avait expliqué à leur groupe :
— Vous allez être placés dans des fermes en Bourgogne. Vous y serez nourris et logés jusqu’à votre départ au service militaire. Bien sûr, vous, devrez travailler.
En se rappelant ce discours lénifiant, il sentit sa rage remonter et maugréa :
— Fumier de pasteur ! »

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